Le Sri Lanka et ses éléphants, entre adoration et exploitation

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Une mère et son petit au parc d’Udawalawe

Majestueux et sauvage, symbole de paix et de prospérité dans la culture bouddhiste, l’éléphant tient une place prépondérante dans les pays d’Asie, et notamment au Sri Lanka. Vénéré et tenu en haute estime, il continue pourtant d’être exploité et sa population ne cesse de décroître. Alors, pas si idyllique que ça l’île aux éléphants ?

Un déclin de 50% en 60 ans

De 15 000 pachydermes au début du XXe siècle, le Sri Lanka n’en compte plus qu’environ 7 000 en liberté et quelques 300 en captivité. En grande majorité dépourvus de défenses au contraire de leurs cousins d’Afrique, les éléphants d’Asie souffrent davantage de la déforestation et de la destruction de leur habitat naturel que du braconnage. La réduction de leur territoire entraîne de nombreuses conséquences, dont la baisse de la natalité et l’augmentation d’accidents comme les collisions avec des trains par exemple. Le 6 octobre dernier, trois éléphants ont notamment été tués après avoir été percutés dans le Nord-Est du pays, quelques semaines seulement après un accident similaire qui avait ôté la vie à une mère et ses deux petits.

La faim les pousse également à aller chercher leurs vivres en dehors de leur territoire habituel, et de plus en plus d’éléphants détruisent des exploitations agricoles en quête de nourriture. Ce conflit homme-éléphants entraîne chaque année la mort d’environ 250 pachydermes, abattus par des paysans excédés. Plusieurs solutions sont mises en oeuvre dont la pose de clôtures autour des habitations ou encore le fait de privilégier certaines cultures dont les éléphants ne raffolent pas comme les piments et les agrumes.

L’exploitation des éléphants, entre tourisme et religion

Parallèlement au statut d’icône qui lui est conféré dans le pays, l’éléphant n’en est pas pour autant toujours bien traité. Sur les 300 animaux domestiqués, certains sont utilisés à des fins touristiques (les balades à dos d’éléphants pour les touristes en mal d’exotisme comme à la Millennium Elephant Foundation par exemple) et d’autres à des fins religieuses. Les éléphants sont en effet très utilisés lors de cérémonies comme l’Esala Perahera, fête bouddhiste annuelle qui voit défiler de nombreux pachydermes décorés, mais on les retrouve aussi dans différents temples, officiant en tant que « gardiens » enchaînés.

Depuis quelques années, de nombreuses controverses portées par des associations de protection animale ont néanmoins commencé à apparaître sur ces pratiques, et dénoncent les abus que subissent les éléphants. L’association Sri Lanka Wildlife Conservation Society (SLWCS), est notamment en train d’ouvrir un sanctuaire destiné aux éléphants maltraités. Néanmoins, le chemin est encore long, et les habitudes culturelles pèsent lourd dans la balance …

Parcs nationaux et réserves naturelles, un havre de paix pour les pachydermes

Si près de 300 éléphants sri-lankais vivent en captivité et dans des conditions exécrables, plusieurs milliers s’épanouissent en liberté dans le pays. Le Sri Lanka compte en effet 13 parcs nationaux et une centaine de zones protégées, dont les réserves naturelles, interdites aux visiteurs. C’est l’un des aspects très paradoxal de l’île : la vénération de l’éléphant mène d’un côté à son exploitation tandis que de l’autre on prône sa totale liberté et on érige des lois en sa faveur pour sa protection. Deux facettes qui semblent intégrées dans les mœurs du pays, même si, comme évoqué plus haut, les mentalités commencent doucement à évoluer.

Il est donc possible d’aller admirer des éléphants dans leur habitat naturel au Sri Lanka (citons l’excellent parc national d’Uda Walawe), même s’il faut bien garder à l’esprit que le bruit des Jeep et des milliers de visiteurs peuvent les perturber. Le mieux reste, pour eux, les réserves naturelles où les touristes ne peuvent pas accéder. Certains orphelinats d’éléphants sont également ouverts au public, mais seul celui de l’Elephant Transit Home a reçu une très bonne appréciation de l’ONG World Animal Protection. Ici, les orphelins sont gardés et nourris jusqu’à leurs 5 ans, puis sont relâchés dans le parc d’Uda Walawe. Impossible de les toucher ou de s’approcher, les visiteurs peuvent seulement les observer lors de l’heure du repas.

Si vous envisagez un voyage au Sri Lanka et que vous souhaitez voir des éléphants heureux et en bonne santé, penchez vous donc plutôt vers les parcs nationaux et évitez toutes les attractions à touristes. Si le changement prend toujours du temps, on peut essayer de lui donner un petit coup de boost !


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